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| 13/12/2006
Roxy Pro Hawaii
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Quand les wildcards se lâchent, l'élite observe d'un regard ou se mêlent crainte, fierté, et fascination. Sur Sunset Beach, les championnes n'ont eu aucun répit face à l'avenir du surf féminin. |
Photos : ASPworldtour.com
Présentation : Melanie Bartels, fougueuse.
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Sunset Beach, Oahu, Hawaii. Fin novembre, début décembre. Les meilleures surfeuses du monde se rassemblent sur le spot. Seize habituées sur les dix-sept, une wildcard, et une autre pour remplacer la rookie Silvana Lima (BRE) absente pour cause de blessure au genou. Chelsea Georgeson, Layne Beachley, Melanie Redman-Carr, Megan Abubo, Sofia Mulanovich, Rochelle Ballard, Keala Kennelly, toutes sont venues défendre leur position à l'approche du verdict final. L'échéance de ce WCT 2006 arrive à grands pas, et la situation se précise. Le Roxy Pro Hawaii de Sunset Beach s'inscrit comme l'avant-dernier événement de l'année.
Chelsea Georgeson (AUS) se sent d'attaque. Prête à aller chercher une nouvelle victoire pour contre-carrer la domination de Layne Beachley (AUS). Melanie Redman-Carr (AUS) est également au taquet. Elle a l'ambition vivace. Elle sait qu'elle doit se placer judicieusement pour garder toutes ses chances. Seulement Beachley a elle aussi envie d'aller au plus haut. Et si elle gagne ici, elle devient Championne du Monde de Surf 2006.
A l'issue d'un Tour quel qu'il soit, la tension devient toujours plus intense, plus présente, plus prenante. Mais elle l'est d'autant plus quand il s'agit du WCT, connaissant ses enjeux. Les deux saisons passées, Georgeson s'est imposée à sa tête, décrochant le titre si convoité. Cette fois-ci, ses concurrentes veulent changer la donne. « J'ai beaucoup de succès ici », affirmait Beachley : « Ils m'appelle tous Miss Sunset parce que j'ai gagné cinq des sept dernières éditions de la compète. Obtenir mon septième titre mondial ici serait génial ». Il faut quand même se dire que c'est toujours 'génial' de recevoir ce genre de récompense. Peu importe où.
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Seconde des trois compétitions Vans Triple Crown of Surfing, le Roxy Pro Hawaii a débuté en entament sa waiting-period malgré une belle houle en présence. Contrairement à la majorité des contests, celui-ci partage en effet son espace avec l'O'Neill World Cup of Surfing (WQS hommes), alternant donc leurs épreuves. Les vagues de deux mètres ont été attribuées aux hommes. Les qualifications du Roxy Pro attendant de pouvoir nommer leurs wildcards parmi : Carissa Moore (HAW), Rosie Hodge (ZAF), Jennifer Useldinger (USA), Jennifer Quam (HAW), Malia Manuel (HAW), Alana Blanchard (HAW), Leila Hearst (HAW), Coco Ho (HAW), Melanie Bartles (HAW), Stephanie Gilmore (AUS), Tais Almeida (BRE), et Laurina McGrath (AUS).
Le verdict tombe deux jours plus tard. Ayant scoré les sept meilleures vagues et quatre meilleurs heats de la première phase, Stephanie Gilmore (AUS) et Melanie Bartels (HAW) ont été désignées pour affronter l'élite féminine du surf international. Gilmore a remporté le Havaianas Beachley Classic d'octobre dernier en tant que wildcard, prouvant qu'il est possible de ne pas se laisser intimider et de produire un surf de haute qualité à tout âge. « La place de wildcard est sans doute la meilleure. Aucune pression sur les épaules et aucun stress. Le contest devient un vrai moment de tension pour de nombreuses filles qui s'accrochent pour rester en WCT. Mel [Bartels] et moi nous sommes déjà qualifiées, nous sommes sauvées. Je pense que c'est ce qui nous permet d'aussi bonnes performances », expliquait Gilmore.
Bartels a surfé le WCT en 2004 et 2005, manquant de justesse sa requalification l'an dernier. Elle a réussi à intégrer les qualifs ici grâce au désistement d'une autre invitée et à sa prestation sur l'Op Pro Hawaii quelques jours plus tôt. « Vous savez ce qui me fait plaisir ? Je suis heureuse d'avoir eu une place ici. Au début je ne devais pas participer du tout. Mais je pense que ça devait arriver ainsi, et que je devais passer. J'ai le beau rôle, et j'espère vraiment que mon surf sera à la hauteur », lançait Bartels.
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Des vagues bien propres d'un mètre et demi ont balayé le spot. Mais alors que trois rounds seulement restent à boucler pour déterminer la gagnante du moment, la houle disparaît et les organisateurs se voient dans l'obligation d'annuler les épreuves en attendant un mieux. Trois à quatre jours plus tard, la tempête se déclare sur Sunset Beach, venant écraser les vagues et reporter la compétition. En tirant un peu plus sur la waiting-period, priorité est ensuite donnée aux hommes poursuivant leur WQS 6*.
« Les vagues ont beaucoup gonflé. Mais du fait de conditions trop inégales, nous avons décidé de repousser le Roxy Pro. Le swell devrait se maintenir, et nous espérons des vents plus de nord-est demain. Ce qui semble prometteur pour les femmes », expliquait Randy Patrick, directeur du Triple Crown. Et en effet, après une longue attente, l'événement a finalement la possibilité de boucler ses rounds, soit trois heures et demi de surf, sur des vagues d'un à deux mètres.
Si Beachley remporte cette victoire, et que Melanie Redman-Carr ne se place pas dans le Top 4, la première décroche automatiquement son titre mondial. Mais si elle arrive deuxième, sa concurrente a besoin au minimum d'arriver septième pour rester en course. Sachant que seules elles-deux et la Championne du Monde en titre Chelsea Georgeson sont mathématiquement capables de gagner le WCT 2006. Les calculs semblent compliqués. Toutefois, un plan ne se déroule pas toujours sans accro.
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Et les surprises ne sont pas toujours bonnes pour tout le monde. Notamment ici, alors que les trois rideuses en lice pour la couronne faisaient leurs pronostics, avouant se sentir en confiance et détendues, Melanie Bartels traçait son chemin vers le podium. La jeune locale qui a intégré les épreuves par pur hasard a prouvé que les coincidences se transforment parfois en beaux moments. Sous le regard attentif de toute sa famille, la wildcard a remporté avec dynamisme cette étape WCT, dans les quatorze dernières secondes de sa finale contre Stephanie Gilmore.
« Je suis heureuse. C'est un rêve devenu réalité pour moi. J'ai été sur le Tour pendant deux ans et je n'ai jamais approché le podium. Pas une fois ! Alors participer à la finale ici, et gagner devant tous mes proches... ça ne pouvait pas être plus parfait. Je suis heureuse », annonçait Bartels. « Accéder aux qualifications ici m'a rendue tellement, tellement heureuse ! Je n'arrêtais pas de harceler Randy Patrick en lui disant à quel point j'avais besoin d'être sur cet événement, parce que je pense être l'une des meilleures Hawaiiennes ici. Ça devait arriver, c'est tout ». L'Hawaiienne en question s'est déjà qualifiée pour le Dream Tour 2007 au travers du WQS.
Et bienqu'elle avoue être anxieuse de revenir sur le WCT l'an prochain, elle ajoute : « Pour la première fois j'ai vraiment cru en moi. J'ai cru en mon surf. Je me suis dit que mon heure était sans doute venue. Tout le monde a son heure après tout. Ça a été la mienne aujourd'hui. Espérons que ce sera encore le cas la saison prochaine ». Gilmore termine deuxième. Et quand on voit avec quelle énergie et quel talent les wildcards se donnent, on se sent rassuré sur l'avenir de la discipline...
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